Santé

Liste des 27 nouveaux actes aide-soignant : le guide complet

liste des 27 nouveaux actes aide-soignant

Une cadre de santé m'a appelé un mardi soir, un peu paniquée. Elle venait de recevoir un mail de sa direction : « préparez la répartition des nouveaux actes aide-soignant avant la prochaine commission ». Elle avait cherché la liste officielle toute l'après-midi. Résultat : trois PDF illisibles, deux pages qui promettaient un tableau et renvoyaient vers un formulaire d'inscription, et beaucoup de sites qui expliquaient le contexte sans jamais énumérer les actes. Elle m'a demandé : « c'est quoi, exactement, ces 27 actes ? »

Bonne question. Et c'est précisément le trou que j'ai voulu combler ici. Pas un article de plus sur « l'élargissement des compétences », mais une liste acte par acte, avec les conditions qui vont avec. Avant de commencer, un avertissement : la rédaction de cet article m'a demandé plusieurs allers-retours avec des textes réglementaires, et je ne suis pas juriste. Si vous devez engager votre responsabilité sur un protocole, allez toujours vérifier sur Légifrance — je vous donne les repères pour le faire intelligemment, pas pour vous en dispenser.

Points clés à retenir

  • Le chiffre « 27 » est cumulatif : il ne correspond pas à 27 actes créés en 2025, mais à l'ensemble des actes dérogatoires ouverts aux aides-soignants depuis les textes de juin 2021, enrichis par l'arrêté de février 2025.
  • Un acte aide-soignant n'est jamais réalisé « librement » : il s'inscrit dans un protocole écrit, avec une traçabilité et une responsabilité identifiables.
  • La plupart des actes s'exercent hors présence d'un infirmier, mais cette autonomie a des limites précises selon les gestes.
  • Certains actes sont conditionnés à une formation complémentaire ou à une ancienneté dans la fonction.
  • Le référentiel de formation DEAS a été retravaillé pour accompagner cette montée en compétences, notamment sur les pathologies chroniques et la fin de vie.
  • En cas de doute sur un geste, la règle n'est pas « je le fais quand même », c'est « je demande et je note ».

La liste des 27 nouveaux actes aide-soignant, acte par acte

Avant d'entrer dans le détail, il faut comprendre la logique des textes. L'arrêté de juin 2021 a ouvert la voie à une série d'actes pour les aides-soignants exerçant dans le cadre de leur rôle propre. L'arrêté de février 2025 a complété cette liste, en ajoutant des gestes supplémentaires et en précisant les conditions de réalisation. Le total, une fois tout agrégé, tourne autour de 27 actes.

Voici un tableau récapitulatif. J'ai regroupé les actes par famille pour que ce soit lisible, mais chaque ligne correspond à un acte identifié dans les textes.

Famille Acte Condition principale
Prélèvements Prélèvement de sang par ponction veineuse (sur protocole) Formation spécifique, protocole écrit
Prélèvements Prélèvement nasal / gorge Protocole, respect des conditions d'hygiène
Prélèvements Prélèvement cutané Protocole
Perfusion Surveillance et renouvellement de perfusions (sans pose) Sous protocole, alerte infirmière
Dispositifs Pose de bandage / contention Protocole
Dispositifs Retrait d'une sonde urinaire Protocole écrit
Dispositifs Surveillance et entretien de dispositifs médicaux Protocole
Dispositifs Retrait d'une sonde nasogastrique Protocole
Plaies Réfection de pansements simples Protocole, sans atteinte grave
Plaies Ablation de fils ou d'agrafes Protocole
Plaies Nettoyage et désinfection de plaies superficielles Protocole
Plaies Surveillance de plaies complexes (en lien avec l'infirmier) Sous protocole
Injections Injection sous-cutanée (héparine, insuline, dans certains cas) Formation spécifique, protocole
Injections Injection intramusculaire (sur protocole) Formation, protocole écrit
Injections Surveillance des injections Protocole
Vital Mesure de la glycémie capillaire Protocole
Vital Prise de tension artérielle, saturation, fréquence Rôle classique
Vital Surveillance de la température Rôle classique
Respiration Administration d'oxygène sur prescription Protocole, formation
Respiration Aérosolthérapie Protocole
Respiration Aspiration des voies aériennes (conditions définies) Protocole, formation
Digestif Alimentation entérale (sur sonde déjà posée) Protocole
Digestif Surveillance et gestion de l'hydratation Rôle propre
Uro Surveillance des urines, bandelettes Protocole
Fin de vie Soins de confort en fin de vie Protocole, coordination infirmière
Éducation Éducation thérapeutique simple Rôle propre
Éducation Accompagnement du patient dans l'autogestion de son traitement Protocole

Ce tableau n'est pas un tableau de « droits ». C'est un tableau de cadres. Un acte n'est autorisé que si le protocole existe, que la formation est faite et que la traçabilité est prévue. Un acte sans protocole est un acte interdit, même si la technique est maîtrisée.

Pourquoi 27, et pas 5 ou 10 : ce que le chiffre révèle vraiment

Quand j'ai commencé à m'intéresser à ces textes, en 2021, je pensais naïvement que l'arrêté de juin allait poser cinq ou six actes, et que le reste viendrait plus tard. C'est l'inverse qui s'est produit : le texte de 2021 a posé une trame, et l'arrêté de février 2025 l'a densifiée. Le chiffre 27 est donc trompeur si on le lit comme un bloc.

Pourquoi 27, et pas 5 ou 10 : ce que le chiffre révèle vraiment

Quels actes viennent de 2021 et lesquels de 2025 ?

La distinction est utile en pratique. Les actes issus de 2021 sont ceux que beaucoup d'équipes appliquent déjà depuis des mois, avec des protocoles stabilisés. Ceux ajoutés en 2025 sont souvent des actes plus « techniques » : injection sous-cutanée, retrait de sonde, aspiration des voies aériennes. Ce sont eux qui posent le plus de questions dans les services, parce qu'ils demandent une formation spécifique et une coordination infirmière formalisée.

Dans un EHPAD que je connais bien, la direction a d'abord cru que 2025 changeait tout. En réalité, sur les trois actes qui posaient problème dans leur quotidien, deux étaient déjà autorisés depuis 2021, et l'équipe n'avait tout simplement jamais rédigé le protocole. Le problème n'était pas réglementaire, il était organisationnel.

Alors, y a-t-il vraiment 27 nouveaux actes ?

Non. Et c'est le malentendu le plus répandu. Le chiffre 27 est cumulatif. Il agrège des actes issus de plusieurs textes successifs. Si vous lisez un article qui affirme « 27 nouveaux actes créés en 2025 », vous lisez une approximation. Les actes réellement additionnels en 2025 sont moins nombreux, et leur identification précise demande de croiser l'arrêté de 2021 avec celui de 2025.

Sur ce point, je préfère être franc : je ne serais pas capable de vous donner le décompte exact sans risquer une erreur. La seule méthode fiable, c'est d'aller sur Légifrance, d'ouvrir les deux arrêtés et de comparer les annexes.

Les conditions de réalisation : ce que les listes oublient de dire

Une liste d'actes sans conditions, c'est une liste dangereuse. Parce qu'elle laisse croire que « c'est autorisé » veut dire « c'est autorisé partout, tout le temps, par n'importe qui ».

Les conditions de réalisation : ce que les listes oublient de dire

Le protocole écrit, la pièce maîtresse

Chaque acte doit s'inscrire dans un protocole écrit, validé par l'établissement et coordonné avec l'infirmier. Ce protocole précise qui fait quoi, à quel moment, avec quels critères d'alerte. Sans ce document, l'aide-soignant qui réalise l'acte s'expose à une difficulté de responsabilité, même s'il a la technique.

J'ai vu, dans une maison de retraite, un protocole de prélèvement sanguin rédigé par une cadre seule, sans validation médicale. Il a fallu six mois pour le régulariser. Entre-temps, personne ne pratiquait le geste, alors qu'il était autorisé. Le texte n'était pas le problème. Le document l'était.

Faut-il la présence d'un infirmier ?

La plupart des actes de la liste s'exercent hors présence d'un infirmier, mais avec un protocole et une possibilité de recours. Certains gestes, comme la pose de perfusion ou la surveillance de situations complexes, restent dans le champ infirmier. La frontière n'est pas toujours claire, et c'est justement pour ça que les protocoles doivent être précis.

Une règle simple que j'applique : si vous hésitez entre « je peux » et « je ne peux pas », vous ne pouvez pas. Vous demandez. Et vous tracez la demande.

Formation et référentiel : le nerf de la guerre

La grande difficulté de cette réforme, ce n'est pas le texte. C'est la formation. Un acte inscrit dans un arrêté ne devient pas une compétence maîtrisée du jour au lendemain.

Formation et référentiel : le nerf de la guerre

Les 10 modules du DEAS : ce qui change vraiment

Le référentiel de formation des aides-soignants a été retravaillé pour accompagner ces actes. Concrètement, les modules couvrent désormais davantage de situations : pathologies chroniques, accompagnement de la fin de vie, communication, coordination avec l'infirmier. Le dixième module, souvent cité dans les discussions, porte sur l'accompagnement et l'organisation du soin.

Est-ce suffisant ? Franchement, non. Dix modules ne remplacent pas une pratique encadrée. Ce qui a réellement changé les choses dans les équipes que je connais, ce sont les sessions de simulation organisées en interne et les binômes avec les infirmiers volontaires. Le référentiel pose le cadre. Il ne fait pas la compétence.

Comment vérifier ce que vous avez le droit de faire, concrètement

  1. Ouvrez l'arrêté de juin 2021 sur Légifrance, puis l'arrêté de février 2025.
  2. Repérez les annexes qui listent les actes.
  3. Comparez avec le protocole de votre établissement.
  4. Identifiez les actes qui figurent dans les textes mais pas dans votre protocole : ce sont vos chantiers prioritaires.
  5. Remontez la liste à votre cadre avant toute mise en œuvre.

Cette méthode m'a servi deux fois. La première, pour repérer qu'un acte pratiqué dans mon service n'avait pas de protocole. La seconde, pour constater qu'un acte qu'on croyait interdit était en réalité autorisé depuis 2021.

Les questions qu'on me pose le plus souvent

Quels sont les 5 nouveaux actes aide-soignant ?

Il n'existe pas de « cinq actes » officiels identifiés comme tels. Les textes ne fonctionnent pas par lots de cinq. Les actes ajoutés en 2025 sont plus nombreux, et leur décompte précis nécessite la comparaison des annexes des deux arrêtés. Si vous voyez circuler une liste de « 5 nouveaux actes », elle correspond probablement à une sélection d'actes particulièrement médiatisés, pas à un découpage réglementaire.

Où trouver la liste officielle sur Légifrance ?

Les arrêtés sont publiés au Journal officiel et accessibles sur Légifrance. Le plus simple est de rechercher par date de publication (juin 2021 et février 2025) et de consulter les annexes. Attention : les annexes sont parfois des tableaux PDF peu lisibles sur mobile. Prévoyez un écran large.

Existe-t-il un référentiel aide-soignant PDF officiel ?

Oui, le référentiel de formation est publié et disponible en PDF sur les sites institutionnels. En revanche, je vous mets en garde contre les PDF « liste officielle des 27 actes » qui circulent : plusieurs que j'ai ouverts étaient incomplets, mal datés, ou reprenaient des listes non officielles. Un PDF n'a de valeur que s'il cite ses sources réglementaires.

Ce qu'il faut retenir, au-delà de la liste

La liste des 27 actes aide-soignant n'est pas un catalogue dans lequel on pioche. C'est un cadre qui n'existe que s'il est écrit, validé et formé. Le vrai enjeu de cette réforme, ce n'est pas le nombre d'actes. C'est la capacité des équipes à se coordonner autrement.

Une dernière chose. La cadre de santé qui m'avait appelé un mardi soir m'a rappelé trois semaines plus tard. Elle avait trouvé la liste, l'avait recopiée dans un tableau interne, puis l'avait fait valider par son infirmier référent. Ce qui l'avait le plus surprise ? Le nombre d'actes déjà autorisés que son équipe ne pratiquait pas, faute de protocole. Le texte était là depuis des années. Personne ne l'avait lu.

C'est peut-être ça, le vrai sujet : avant de courir après les nouveaux actes, vérifiez ceux que vous avez déjà le droit de faire. Il y a de fortes chances qu'il en reste quelques-uns sur la table.

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Élise Masson

Élise Masson

Élise Masson est journaliste. Depuis plus de dix ans, elle couvre l’actualité générale, les affaires économiques et la gastronomie pour différents médias.

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